Des articulations à protéger
Des sollicitations répétées au niveau articulaire conduisent bien souvent à une disparition quasi totale des cartilages et à l’apparition corollaire d’une inflammation aggravant encore le phénomène. Afin d’en savoir plus, nous avons rencontré les docteurs Jacques Lecomte et Emmanuel Collard, respectivement chef du service de médecine du sport de l’hôpital civil de Charleroi et spécialiste dans le même service.
La protection d’une articulation passe d’abord et avant tout par son utilisation. « En effet, l’activité physique contribue à une meilleure oxygénation des structures périarticulaires. Les muscles et les tendons assurent le soutien de l’articulation proprement dite. Ensuite, chez les personnes âgées, l’activité physique permet de reculer l’apparition d’une ostéopénie et d’une ostéoporose. Elle permet aussi de maintenir la souplesse articulaire », explique le Dr Emmanuel Collard.
Si le danger est pratiquement inexistant pour l’adulte en bonne santé, en revanche, pour les jeunes sportifs, le risque est réel. Or, les sports souvent pratiqués par les jeunes sont plus traumatogènes que d’autres. Ainsi, la natation et la pratique du vélo peuvent être considérées comme peu traumatisants, voire même protecteurs des articulations. «En revanche, tous les sports de ballon et d’équipe en général, de combat,.., entraînent une charge supplémentaire sur l‘articulation. Le jogging constitue un bon sport mais il peut provoquer des micro- traumatismes insidieux au niveau articulaire. »
Les préliminaires indispensables
Le préalable à toute pratique sportive est un bilan de santé sérieux avant même le début de celle-ci, quelle qu’elle soit.
“Le bilan de santé est une démarche clinique essentielle effectuée dans un cabinet de médecine générale”, continue le spécialiste. Durant l’examen, le médecin sera particulièrement attentif à la souplesse des articulations.
C’est une fois de plus chez les plus jeunes et chez les plus âgés qu’il faudra y être particulièrement attentif « Ainsi, les patients les plus à risque sont les anciens sportifs qui reprennent une activité avec une mentalité de champion. « Ils peuvent être comparés aux adolescents dans une certaine mesure.»
A ce titre, il faut d’abord préciser que l’entraînement ne pourra être repris que très progressivement chez une personne ayant arrêté sa pratique depuis plus de 10 ans. « A côté de cet aspect, il sera également très important de respecter les temps de récupération. Ces périodes de repos doivent parfois même être plus importantes que les périodes d’effort elles-mêmes. A ce titre, le stretching, avant et après exercice, constitue un facteur essentiel. »
Bandages de protection et de soutien
Jeune ou moins jeune, le port d’un bandage lors de la pratique du sport soulage les articulations en les protégeant et en les soutenant.
La protection est importante parce que les articulations endommagées ne peuvent guérir que si elles sont au repos, et parce que seule la protection permet de prévenir les lésions aux articulations saines. La protection thermique assurée par les bandages évite les claquages et luxations. Le soutien est important parce qu’il donne ainsi plus de tenue à l’articulation. Les bandages agissent comme une armature extérieure et évitent les surcharges en assurant une stabilité supplémentaire. Le soutien provoque en outre une légère compression qui contribue à prévenir les gonflements et à accélérer leur guérison en cas de traumatisme.
A tous égards, il est important lors de la pratique d’un sport de veiller à ce que l’exercice reste raisonnable en intensité et que le bandage soit bien placé.
Respecter l’enfant
« De toute manière, même chez l’adulte sain et entraîné, une surcharge articulaire par la pratique sportive débouchera invariablement sur des lésions arthrosiques. C’est le cas des footballeurs qui présentent trop souvent une coxarthrose au niveau de la jambe d’appui. A partir d’un certain moment, la seule sanction thérapeutique efficace est la pose d’une prothèse de hanche,,, poursuit le spécialiste.
C’est d’autant plus vrai que ce type de sport est pratiqué dès le plus jeune âge. « L’enfant n’est pas un adulte en miniature. Les professionnels du sport en sont conscients, Il est possible de développer ses qualités physiologiques â des âges différents. La souplesse peut être développée très jeune. Contrairement aux idées reçues, il est aussi possible de développer l’endurance des enfants. En revanche, la force doit être travaillée avec modération tant que la croissance n’est pas terminée, sous peine d’en faire des handicapés à vie», poursuit le Dr Jacques Lecomte.
Eduquer les parents
La pédagogie doit être adaptée à chaque sport et à chaque âge. « Ainsi il est important de renseigner les parents sur ce que doit être un entraînement la préparation physique intervient souvent pour 40 à 50%, voire plus, dans l’apprentissage. Pratiquer un sport n’est pas seulement une question de technique, mais aussi une question de travail de la condition physique comme méthode prophylactique du traumatisme», renchérit le Dr Col lard.
On l’aura compris le sport constitue un bon facteur de protection articulaire, mais lorsqu’il est pratiqué avec modération. C’est lors de l’examen clinique pour la remise d’un certificat d’aptitude au sport que le médecin pourra déterminer jusqu’où pourra aller le patient et l’avertir de ses limites. De même, cet examen lui permettra de détecter certaines maladies (articulaires ou autres) et de déconseiller et/ou de réorienter le patient vers une autre forme de sport. Tout cela pour dire que l’examen d’aptitude est extrêmement important et s’il peut être réalisé au cabinet du médecin traitant, il ne doit pas être banalisé ni par le patient... ni par le médecin.
Pierre Dewaele en collaboration avec Beiersdorf Hansaplast |