Un accident est si vite évité
“Ton sport, Ta sécurité” est le slogan de la campagne qui sera lancée en septembre par l’a.s.b.l. Sportplusur qui s’est donnée pour mission de renforcer la sécurité dans les infrastructures sportives en Belgique. Présentation.
D’après une enquête du CRIOC (Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs, on recense environ 5000 accidents sportifs en Belgique chaque année. C’est relativement peu si on rapporte ce résultat au nombre d’heures consacrées à l’ensemble des pratiques sportives de nos concitoyens. D’autant qu’un accident sur vingt seulement nécessite une hospitalisation. Pourtant, la vigilance s’impose. Il faut dire que, dans ce domaine, rien n’est définitivement acquis et il suffirait sans doute que l’on abaisse légèrement sa garde pour voir la situation se dégrader rapidement. Comme le souligne Christophe Riga, chargé du développement de l’a.s.b.l. Sportplusur: “si l’on sait très bien qu’on peut se tuer en prenant le volant de sa voiture on éprouve énormément de difficultés à pénétrer sur un terrain de football avec la même conscience des risques. Evitons donc de nous reposer sur des chiffres plus ou moins rassurants et d’oublier progressivement les précautions élémentaires qui ont précisément permis d’atteindre ces bons résultats.
La vigilance s’impose
La lutte contre les accidents ne peut pas connaître de répit. Il faut sans cesse identifier les disciplines à risques, c’est-à-dire, selon la fameuse enquête du CRIOC, le squash, le hockey, le rugby ou encore les sports moteurs. Il faut également tenir compte de l’âge des victimes. Les enfants et les adolescents courent effectivement plus de risques de se blesser que les adultes. Surtout les filles. Enfin, il faut apprendre à interpréter les chiffres et leur caractère profondément hétérogène. Ces déclarations d’accidents recouvrent effectivement des situations très différentes, du traumatisme bénin comme une foulure de la cheville jusqu’au drame comme celui qui a coûté la vie au petit Renaud. Le lecteur se souvient peut-être de l’histoire tragique de ce petit garçon de neuf ans qui est mort noyé, le 18 janvier 2002, le bras coincé dans le conduit de la pompe de la piscine de l’école primaire du Jardin Botanique à Liège. Ici, l’accident aurait pu être évité si une grille de protection avait été posée sur la pompe … là, il s’agit d’un goal de football ou d’un panneau de basket qui, mal fixé sur le sol, menace de s’effondrer sur la tête des joueurs. Premier constat : la plupart de ces accidents sont parfaitement évitables. Deuxième constat : en cas de blessure ou, pire encore, de décès, il est très délicat de désigner des responsables. Il arrive, par exemple, que les infrastructures ne répondent pas aux dernières exigences en matière de sécurité, notamment dans les écoles. Mais encore faut-il que ces établissements, aient les moyens financiers de leur réhabilitation, ce qui, dans le contexte actuel, est loin d’être une évidence le problème viens aussi souvent de ce que les professeurs ou les éducateurs se trouvent au prise des classes trop nombreuses dans des lieux trop exigus. Cela ne leur permet pas de surveiller tout le monde. Les enfants eux-mêmes sont parfois dans un état de véritable surexcitation. Trois accidents sur quatre résultent d’une chute ou d’un coup direct. Enfin, les pouvoirs publics ne sont pas toujours au courant des règles que, de sécurité ou n’ont pas les moyens de vérifier leurs justes applications. Quant aux responsables d’infrastructures, ils souffrent eux aussi d’un manque de considération “Des contrôles effectués régulièrement. Entre chacun d’eux, il revient normalement au gestionnaire d’agir en bon père de famille explique Christophe Riga. “Il doit tout mettre en oeuvre pour éviter les problèmes et veiller notamment à s’équiper avec un matériel conforme aux normes européennes. Enfin, il lui faudra se tenir au courant. La sécurité en matière d’infrastructures sportives est tellement changeante qu’il ne faut surtout pas s’arrêter à ce que l’on sait déjà.’ On le voit, la situation n’est pas simple. Surtout en Belgique où le sport est écartelé entre les différents niveaux de pouvoir. L’a.s.b.l. Sportplusur entend remédier à cette situation. Née il y d’un an sur initiative de AES (Association des Etablissements Sportifs) et de l’Olympique Foundation, elle joue un rôle de carrefour entre toutes les personnes concernées par la sécurité dans les infrastructures sportives. “Outre des membres du COIB et de l’AES, l’a.s.b.l. réunit d’ailleurs des personnes issues d’univers aussi variés que celui de la gestion, de la construction et de la vente de matériel, du sport et des assurances. Ce faisant, elle vise à établir une meilleure communication avec les gérants des complexes sportifs, à les aider à mieux former leurs employés, à mieux dialoguer avec les sportifs. Quant aux professeurs d’éducation physique, elle se positionne à leur côté pour faire de la sécurité et du respect de l’autre des valeurs fortes de leur enseignement tout cela en évitant la dramatisation.
Sportplusur entre en campagne
Il faut éviter en effet d’installer un sentiment de crainte dans la population. Rappelons-le, les accidents sportifs restent marginaux par rapport à 4 autres problèmes de santé publique et il arrive parfois que leur impact dans la population dépasse leur importance réelle. Une tragédie suffit parfois â jeter le discrédit sur tout un secteur d’activité. En bout de course, c’est limage même de la pratique sportive qui se retrouve écornée. On appelle cela le “syndrome de l’accident d’avion”. En clair, on oublie le nombre de voyageurs transportés en toute sécurité pour ne retenir que ceux qui ont péri dans un crash. En sport, c’est la même chose. Un accident comme ce lui qui s’est déroulé à la piscine liégeoise pourrait pousser des parents à retirer leurs enfants des bassins, ce qui mènerait à un accroissement de la sédentarité qui comporte, elle aussi, des risques pour la santé, de façon peut-être moins immédiate, mais bien réelle! Au mois de septembre, l’Association lancera donc une grande campagne de prévention à l’attention des gérants des complexes sportifs qui devront ensuite faire la communication le plus largement possible autour d’eux. Avec quel message? “On ne peut pas, comme dans une campagne de sécurité routière, jouer sur le mental et les émotions en jetant à la figure des images et des chiffres très durs. On obtiendrait l’effet inverse de celui recherché, à savoir que le sport est bon pour la santé”, explique Christophe Riga. ‘En même temps, il faut faire comprendre que le sport nous expose à des risques et qu’il existe des moyens pour les minimiser. Bref, il faut trouver le juste compromis entre la prévention des accidents et la promotion de l’activité physique.” Pas facile!"
Olivier Beaufays (in Olympic News Juillet 2003) |